Référence en évaluation d’entreprise: A Reviewer’s Handbook to Business Valuation

 Le livre en évaluation d’entreprise: A Reviewer’s Handbook to Business Valuation- Practical Guidance to the Use and Abuse of Business Appraisal  de L. Hood et T Lee, Wiley , 2011 me semblait, avant de l’acheter, intéressant. On mentionnait que c’était le seul livre écrit pour des évaluateurs et des avocats donc qu’il était différent. Il est tout à fait ordinaire.

Il est comme un livre d’évaluation dans lequel les standards américains et canadiens ( 2 gros  chapitres)  en évaluation y sont expliqués ainsi que les différentes méthodes d’évaluation d’une entreprise.

Il y a 2 chapitres qui sont intéressants  et portent  les erreurs des évaluateurs (50 pages ) devant la Cour ( États-Unis).Pour environ 70$, ça ne vaut pas le coût.

 

 

Référence en juricomptabilité: Investigation financière et juricomptabilité – Guide de bonnes pratiques de Guylaine Leclerc et. al

Le livre  Investigation financière et juricomptabilité – Guide de bonnes pratiques de Guylaine Leclerc, Emmmanuel Charrier et Manon Roy ( édité en 2012) est le seul livre de  référence écrit en français sur la juricomptabilité selon les normes en vigueur et applicables au Québec.

Ce volume décrit l’approche globale à suivre lors d’un mandat de juricomptabilité.  C’est un livre sur les processus d’investigation financière  et les auteurs détaillent toutes  les étapes d’un mandat d’investigation financière et de juricomptabilité du contact initial avec le client  (avant le mandat) jusqu’à la présence en Cour de l’expert (attitude, témoignage, préparation, etc.). Chacune des étapes y est expliquée , les normes qui s’appliquent et  on y fait référence à des situations pratiques avec des cas connus tels que  Lambert c. Quirion, Lacroix. Cet élément apporte un degré de facilité pour la compréhension des concepts et permet de mieux visualiser les procédures. C’est un livre “pratico-pratique” , bien écrit et bien étayé, qui , selon moi, devrait  être le volume de référence obligatoire pour un premier cours en juricomptabilité à l’université. La première partie du livre, l’introduction, décrit les organisations, accréditations professionnelles, règlementation en lien avec la juricomptabilité qui existe au Canada, aux États-Unis et en France.

La reliure, la mise en page et le graphisme sont d’une excellente qualité. C’est un des plus beaux livres édités chez les Editions Yvon Blais que j’ai lus  et vus. Les images, tableaux ont un fonds en couleur agréable. Le livre se lit bien, et est bien numéroté. Je dirais que c’est dans les livres les mieux faits que j’ai lus en juricomptabilité, en termes de présentation et de graphisme. Le “look” est parfait.

Autre référence: Editions Yvon Blais

Référence en évaluation d’entreprise et quantification des dommages :Measuring Business Interruption Losses and Other Commercial Damages

Le livre de Patrick A. Gaughan ” Measuring Business Interruption Losses and Other Commercial Damages”  sur l’évaluation des pertes dues à une interruption d’une entreprise et les dommages commerciaux est un excellent volume écrit par un spécialiste en économétrie. Habituellement les livres en évaluation d’entreprise et/ou quantification des dommages du point de vue quantitatif sont écrits par des comptables qui sont des  experts en évaluation d’entreprise, ce qui fait que ce volume a une approche beaucoup plus technique en termes de modélisation et de statistiques.

Par exemple, l’utilisation de la régression linéaire est très  bien expliqué. On peut facilement utiliser Excel et obtenir une droite de régression  en y insérant des données historiques. Mais cette formule obtenue est-elle valise statistiquement parlant? L’auteur détaille les embuches de cette analyse et explique les comment s’assurer que le modèle est fiable.

Sa démarche d’analyse sur l’évaluation d’entreprise et la quantification des dommages se base sur des analyses statistiques détaillées pour l’évaluation des profits perdus, les  sur des placements suite à une fraude,  la quantification des dommages, les dommages sur la propriété intellectuelle.

C’est un volume à avoir dans sa bibliothèque  car son approche au niveau des prévisions est supportée par des méthodes statistiques. On y retrouve aussi des références à la jurisprudence américaine ainsi que des extraits des témoignages d’experts.

‘Measuring Business Interruption Losses and Other Commercial Damages” de Patrick A Gaughan, Second Edition, Wiley,2009, 510 pages.

Pour d’autres volumes sur l’évaluation d’entreprise, voir :

http://helenebouchard.ca/2012/08/evaluation-entreprise-the-management-projections-valuations-bvr-special-report/

http://helenebouchard.ca/2012/02/reference-the-dark-side-of-valuation-valuying-young-distressed-and-complex-businesses-de-damodaran/

Expressions cocasses : la main visible des tripatouillages éhontés

J’ai lu une expression colorée sur le blog finance de Frédéric Lordon  ( blogues du diplo -pompe à phynance)  en écrivant sur  le scandale du Libor en Angleterre et des manipulations par les financiers des taux d’intérêts. Une belle expression qui est une grimace au concept de la main invisible d’Adam Smith qui régit le marché pour le bien-être et la richesse de tous:

 la main visible de tripatouillages éhontés

 

Définition du Libor: Chaque jour, les membres d’un panel de banques sont chacun invités à répondre à la question de savoir quel lui semble le taux adéquat auquel emprunter auprès de ses chers confrères. La British Bankers Association recueille les réponses, élimine le quart du haut, le quart du bas, et fait la moyenne de la moitié du milieu. Le taux qui sort s’appelle le Libor, comme London Interbank Offered Rate, il se calcule pour une multiplicité d’échéances, de un jour à douze mois, et sert de référence à tous les marchés de gros du crédit, soit plusieurs trillions de dollars de contrats de dette… Inutile de dire que le plus léger tripatouillage du Libor a potentiellement des répercussions astronomiques.

 

À lire: Péripéties financières de F. Lordon à l’adresse suivante: http://blog.mondediplo.net/2012-07-23-Peripeties-financieres-Libor-et-taux-d-interet

 

 

 

Évaluation d’entreprise : Pouvez-vous expliquer ce qu’est le “Gordon Growth Model”

Je lisais de la jurisprudence américaine sur l’évaluation d’une entreprise où il y avait plusieurs experts impliqués dans le dossier. L’avocat de la partie défenderesse a demandé aux experts d’expliquer ce qu’est le “Gordon Growth Model”. Un des experts n’a pas été capable de répondre.

Selon ce modèle, la valeur d’une action est fonction de la somme des dividendes futures que cette action recevra. La formule utilisée est la suivantes:

P  =  D / ( r – g)

 

P : prix de l’action

D: valeur du dividende

r: coût de l’équité pour cette compagnie

g: Taux de croissance du dividende à perpétuité.

 

Référence:http://en.wikipedia.org/wiki/Dividend_discount_model

 

 

Évaluation d’entreprise et prévisions financières: “The Use of Management Projections for Valuations : A BVR Special Report”

Ce document regroupe les textes d’une conférence, ainsi que la jurisprudence américaine,  sur l’utilisation des prévisions et projections  financières de la direction lors de l’évaluation d’une entreprise. Une évaluation d’entreprise repose sur les prévisions ( ou projections) des flux monétaires lorqu’on utilise la méthode de l’actualisation des flux monétaires ( DCF –  Discounted Cash Flow ). Ce n’est pas à l’expert en évaluation d’entreprise de préparer des prévisions financières, il doit utiliser les prévisions  ( ou projections) disponibles qui sont fournies par la direction. Les prévisions financières sont  des variables les plus importantes dans l’évaluation d’une entreprise et il faut être conscient du principe “garbage in, garbage out”). Les études dans ce domaine démontrent que la direction des entreprises ont tendance à être des plus optimistes lorsque vient le temps de chercher du financement, de fusionner ou de vendre l’entreprise. L’ évaluateur doit être conscient du biais et des intérêts de la direction lorsque cette dernière soumet des données financières futures. Il est du rôle de l’expert d’avoir une  bonne dose de suspicion ,  d’ analyser ces données et de les ajuster pour éliminer les biais possibles car tout son travail se base sur ces données.

Les prévisions ou projections financières doivent être basées sur:

  • Les données historiques de l’entreprise;
  • Les données historiques des entreprises de la même industrie ou du même marché;
  • Analyse des prévisions et projections de l’entreprise mais aussi analyse des tendances du marché et des opinions des experts;
  • Étude de l’industrie et études de marché;
  • Données gouvernementales;
  • Habiletés de l’entreprise à rencontrer ses prévisions antérieures.

À mon avis, ce document est l’ outil de référence   lors de l’utilisation de prévisions ou projections financières. La lecture de la jurisprudence permet d’identifier les lacunes qu’un rapport d’évaluation peut avoir quant aux prévisions financières utilisées.

Dans les cas d’un nouveau produit, d’une nouvelle entreprise, de l’accès à un nouveau marché la prudence s’impose encore plus. L’incertitude est grande et il ne faut pas oublier que les sources des projections doivent être valides et les chiffres doivent être supportées. L’effort de corroboration des données doit être fait.

“The Use of Management Projections for Valuations : A BVR Special Report” , 2011 publié par Business Valuation Resource.

Évaluation d’une entreprise: Comment déterminer la valeur d’une entreprise par l’actualisation des flux monétaires – Partie 1

Comment déterminer la valeur d’une entreprise ou procéder à une évaluation d’une entreprise?

Il y a plusieurs techniques utilisées pour procéder à une évaluation d’une entreprise. Ces techniques se classent en trois catégories: techniques basées sur les revenus ou flux monétaires, techniques basées sur le marché, techniques basées sur  les actifs.

Pour chacune de ces trois catégories s, il y a aussi plusieurs méthodes de calcul.

Une des techniques  basée sur les revenus futurs est la valeur présente ou actuelle des flux monétaires ( Discounted Cash Flow Analysis -DCF ). Ce qu’une entreprise vaut aujourd’hui dépend des flux monétaires ( estimés )  qu’elle va générer dans le futur.  1 000 $ aujourd’hui le 13 juillet 2012,  n’est pas équivalent à avoir 1 000 $ au 31 décembre 2014. Par exemple, ce que nous voulons savoir est combien vaut une entreprise qui va générer 200 000$  de liquidité par année. Actualiser signifie: calculer ce que vaut aujourd’hui une série de sommes d’argent qui seront disponibles dans le futur.

 

Pour calculer la valeur selon cette méthode ( appelée aussi Free Cash Flow to Firm) , plusieurs étapes sont à franchir:

1 -Obtenir des prévisions financières sur un certain nombre d’années, nombre qui est déterminé par la situation de l’entreprise:

  • si l’entreprise est stable, situation compétitive avec faible marge bénéficiaire : 1 an ;
  • si l’entreprise est bien positionnée : 5 ans;
  • si l’entreprise est dans un mode de croissance, avec de bonnes barrières à l’entrée : 10 ans . Il faut noter que ca devient difficile de faire des prévisions pour 10ans. On voit surtout des prévisions sur 5 ans dans le cas des PME.

2 – Les taux de croissance des ventes doivent s’appuyer sur des données: une tendance historique, une étude de marché, une stratégie. Cela doit être réaliste et s’appuyer sur du concret. En un mot, les hypothèses posées pour la croissance des ventes doivent être supportées par un raisonnement logique ( contrairement à une volonté magique ). Il faut tenir compte que les ventes d’une entreprise peuvent se stabiliser, qu’une entreprise peut être à un stade de maturité. Pour les estimations, il est préférable d’avoir plusieurs scénarios: situation réaliste, optimiste et pessimiste. S’il y a beaucoup d’incertitudes, donc de risque, il faudra utiliser des simulations comme la simulation Monte Carlo.

3 – Pour soutenir la croissance des ventes, il faut déterminer les investissements en capital nécessaire ainsi que les besoins en fonds de roulement pour soutenir cette croissance des ventes. Il devient donc nécessaire de produire aussi des bilans et des états des flux de trésorerie. Avec les flux de trésorerie, il sera possible de déterminer la marge de crédit nécessaire et les besoins en financement. De plus, les bilans prévisionnels permettront de vérifier si l’entreprise se conforme aux exigences de son institution financière en termes de ratios à conserver. Ils permettront aussi de vérifier le niveau des comptes recevables et payables.

4 – Le taux d’escompte doit être déterminé. C’est le taux utilisé pour calculer la valeur présente, actuelle des flux monétaires futurs. Une des méthodes utilisées est le WACC – Weight Average Cost of capital ou le coût moyen pondéré du capital -CMPC. Ce CMPC tient compte du coût de la dette et du coût de l’équité ( avoir des actionnaires).

 

Le prochain article portera sur la détermination du taux d’escompte lors de l’évaluation d’une entreprise.

à suivre…

Évaluation d’entreprise: normes sur le contenu du rapport d’évaluation

Que comprend un rapport d’évaluation d’entreprise?

Le rapport d’évaluation comprend plusieurs sections. Le contenu du rapport est établi selon la norme d’exercice 310 de l’Institut canadien des experts en évaluation d’entreprise.

Cette norme , qui peut être téléchargée,  se trouve à l’adresse suivante:https://cicbv.ca/practice-standards/norme-dexercice/  .

Une introduction, l’étendue du travail, les limitations, la méthodologie suivie, les calculs et une conclusion. Assez simple mais il y a beaucoup de détails à fournir.

Voici une liste de contrôle en fichier excel: liste de controle_rapport evaluation

 

 

 

 

Évaluation d’entreprise et valeur d’entreprise: définitions

Qu’est-ce que la valeur d’une entreprise et l’évaluation d’une entreprise?

L’évaluation d’une entreprise fait appel à plusieurs techniques pour déterminer la valeur d’une entreprise. Le terme “valeur” d’une entreprise doit être spécifiée et est trop général. S’agit-il de juste valeur marchande, de la juste valeur, la valeur intrinsèque ou du prix qu’un acheteur est prêt à payer pour l’entreprise? Plusieurs concepts de la valeur existent.

Que comprend la valeur d’une entreprise?

Selon Warren Buffet ( et plusieurs autres auteurs) la valeur d’une compagnie est la valeur présente de tout l’argent que l’on peut retirer de l’entreprise. Elle sert à déterminer le montant maximal que l’on devrait payer pour celle-ci.

Le diagramme suivant, préparé avec le logiciel MindManager, montre les différentes notions de valeur:

 

Formation: Le témoin expert – Coup de maître

Une des meilleures formations que j’ai suivi sur le témoignage de l’expert en Cour est celui donné par Me Cheftechi de “Coup de maître”. J’ai eu la chance de me retrouver dans un groupe avec essentiellement des avocats et étant le “cobaye-expert” pour presque tous les interrogatoires de la journée de formation. Une formation avec un groupe d’une dizaine de personne avec une étude de cas. J’ai obtenu une formation d’une avocate d’expérience ayant utilisé beaucoup d’experts. Cette formation est à suivre pour toute personne devant témoigner à titre d’expert.

C’est la seule formation au Québec , à ma connaissance, sur la façon dont un expert doit témoigner. Il en existe aux États-Unis par Seak à un coût très élevé. Les Editions Yvon Blais offre une  formation sur l’expert donné par Me Béchard.

Les deux formations sont à suivre.

Formation : La communication non verbale en litige

J’ai suivi  une formation “La communication non verbale en litige” donnée de Mark Bowden  au centre de formation “Coup de maître” à Montréal. Bien que la formation était donné entièrement en anglais, la formation était facile à suivre et M. Bowden était excellent. On y apprend les gestes à surveiller, le sens à leur donner et surtout, surtout ce qu’il ne fait pas faire  soi-même.

On y donne l’information pour savoir où mettre ses mains et le sens. Depuis ce temps-là, je ne peux qu’examiner les gens et la position de leurs mains.

Une journée agréable, dans un environnement propice pour suivre des formations. Un plus.

Mark Bowden a écrit un livre sur le sujet :  “Winning Body Language: Control the Conversation, Command Attention, and Convey the Right Message without Saying a Word”.

 

 

Quantitative Business Valuation de Jay B. Abrams

Quantitative Business Valuation ( 636 pages, Wiley)  est considéré comme un incontournable par Shannon Pratt. C’est un volume de référence qui fait état des dernières recherches scientifiques  pour les sujets suivants:

  • l’utilisation de techniques avancées pour déterminer les flux monétaires comme la régression linéaire;
  • le calcul du taux d’escompte;
  • les ajustements pour la prime de contrôle ou l’escompte de marché restreint  ( lack of marketability);
  • l’utilisation des probabilités pour évaluer les entreprises risquées ou les entreprises en phase de démarrage ou de croissance;
  • la simulation Monte Carlo;
  • la méthode de “real option” vs l’actualisation des flux monétaires discrétionnaires pour l’évaluation des projets d’investissement.

C’est un volume de référence  aride à lire qui demande des connaissances avancées en mathématiques.

Lu : Business Valuation and Bankruptcy de Ratner, Stein & Weitnauer

 

 Business Valuation and Bankruptcy est un livre qui traite de façon générale l’évaluation d’une entreprise. Sur les 255 pages, les auteurs traitent sommairement le sujet des entreprises en difficultés financières. Si on veut explorer l’évaluation des entreprises en difficultés financières, ce n’est pas le meilleur livre. Par contre, il faut le tour sommairement des notions en évaluation d’une entreprise. Cependant, pour un livre général, je préfère les références de S. Pratt qui sont des classiques en évaluation.

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