Actualités québécoises : vivre en ce pays est-ce comme vivre aux États-Unis?

Corruption, collusion, construction doivent être les mots les plus prononcés ou écris depuis que le rapport Duchesneau s’est retrouvé dans les journaux.

Cette situation n’est pas “made in Quebec” et on ne peut en revendiquer  l’invention.  Rodrigue Tremblay, économiste, professeur émérite de l’université de Montréal m’a aidé à comprendre l’économique  quand j’étais très jeune avec ses volumes sur la micro et macro économique. Il écrit toujours . Il a publié dernièrement “Code pour une éthique globale vers une civilisation humaniste”  aux Presses de l’université de Montréal.

Voici un extrait d’un article de son blog et les causes déclin des État Unis:

Around the world, many are baffled by what’s happening to the United States. It seems that all at once the wheels are going off the cart. The American economy is in the doldrums, the American political system is dysfunctional and paralyzed, and a series of elective, far away foreign wars is ruining the country.

The U.S. economy used to be an engine of economic growth and the American political system used to be a well-oiled checks-and-balances machine that was geared toward progress and that could accommodate both leadership and compromise. Moreover, Americans can be proud that their constitution, at least on paper, is one the best in the world, having been crafted by enlightened founders who believed in individual and democratic freedom.

In this short article, I will identify what I think to be the two major causes of America’s current decline. (I welcome comments.)

-The first cause is a moral one: it is related to the widespread corruption that permeates many institutions and sectors of the U.S. society, the most corrupt of them all being the political system and the corporate system. It is no accident that the epicenter where these two corrupt systems meet is at the Pentagon, an agency that reports upon reports picture as a cesspool of corruption.

The result of that widespread corruption is that the United States is now generating a sub-standard class of politicians to administer its affairs who are not the servants of the common good, but who rather serve happily the narrow money interests that finance them. The U.S. corporate elite, for the most part, has abandoned all loyalty to its country while it roams the world in order to make short-term profits at all costs and avoid paying taxes in its country of origin.

The result: wacky politicians and greedy business people are in charge.

The same can be said about the biased corporate media who have also abandoned all pretenses of neutrality and objectivity in informing the people and who have rather donned the mantle of unadulterated propaganda in order to cynically manipulate information and public opinion, to the delight of their money masters.

Things were never perfect in the past, but I would argue that the current level and scope of corruption in the U.S. society is unprecedented and is a root cause of the decline of the United States.

 

Source: www.thenewamericanempire.com/blog.htm

Rodrigue Tremblay utilise beaucoup de citations, voici les plus percutantes qui font réfléchir:

 

“I am convinced that I am acting as the agent of our Creator. By fighting off the Jews, I am doing the Lord’s work.”

Adolf Hitler (1889-1945), German politician and future German Chancellor, Mein Kampf, chap. 2, 1925

 

“I believe that God wants me to be president.”

George W. Bush, American 43rd president, speech in Washington D.C., June 1, 2004

 

 

“The Lord says be submissive. Wives, you are to be submissive to your husbands.”

Michele Bachmann, Rep. of Minnesota and 2012 Republican presidential candidate, (on the question of submitting to the authority of her husband, 2006).

 

Ça donne le goût de lire son bouquin sur l’éthique.

 

 

Lu: La grande fraude – Crime, subprimes et crises financières de Jean-Françcois Gayraud

La grande fraude  – Crime, Subprimes et crises financières de Jean-Françcois Gayraud , Odile Jacob, 2011.

L’auteur est docteur en droit et propose son explication sur la crise financière. L’explication économique et financière est que des forces abstraites impersonnelles , des cataclysmes genre catastrophe naturelle. Les gens de Wall Street sont donc des victimes d’un tsunami que rien n’aurait pu prévenir. La question à se poser: quelle est la part de responsabilité de l’homme. Pour l’auteur la crise trouve sa racine dans le dysfonctionnement des institutions de surveillance et de contrôle qui sont des choix politiques. Il cite T. Veblen , un économiste et sociologue du début du 20 ième siècle qui affirme que l’économie est traversée par 2 instincts: l’instinct artisan et l’instinct de proie. L’homme de travail est paisible par nature mais l’homme de proie est en compétition, il est agressif et tente constamment d’écraser par sa supériorité. Le prédateur s’enrichit sur par la dépossession des autres et par la manipulation. On retrouve l’instinct prédateur chez les hommes politiques, les sportifs, les financiers et spéculateurs. Ils représentent l’élite.

Il cite aussi un philosophe Gilles Chatelet qui a écrit en 1998 le livre “Vivre et penser comme des porcs” et que pour les financiers , l’homme moyen est le paysan d’autrefois qui devait payer le seigneur par son travail.

Le financement des campagnes pour les élections a un effet corrupteur et rendent les politiciens redevables aux donateurs en premier lieu et en second lieu aux électeurs. Nous sommes dans un environnement criminogène qui se résume en 3 mots: dérégulation, désupervision et déminicralisation. Les 3 “D”.

Je termine par une citation de B.J. Stein que l’on retrouve dans le livre:

Comme devrait le savoir toute personne qui a gagné sa vie dans les affaires, quand les flics restent à la maison pour regarder la télévision, les criminels deviennent incontrôlables. Même les hommes qui, à l’origine, ne sont pas tentés de devenir des criminels le deviennent. Adam Smith le savait quand il disait que, laissés sans contrôles les hommes d’affaires conspireront toujours contre le bien public en s’entendant sur les prix. Joseph Kennedy le savait quand il fut premier patron de la SEC. John Kennedy le savait quand il disait que tous les hommes d’affaires étaient des fils de putes.

Un excellent livre, qui se lit comme un roman et écrit d’une façon très imagée.

La corruption au Québec et ailleurs

La corruption au Québec.

Dernièrement je lisais les blogs et les commentaires des lecteurs et on y voit souvent l’expression “on vit dans une république de banane” comme si la corruption n’existait que dans des pays sous-développés contrôlés par des gouvernements non démocratiques. Si on lit des journaux sérieux d’autres régions ou de pays, la corruption est partout et est un phénomène lié au manque de régulation ou à la dé-régularisation ,  à la présence de l’humain et au laxisme. Manque d’éthique, manque d’empathie, manque de respect des autres, des gens veulent le pouvoir et le pouvoir vient avec l’argent. Ils agissent de façon  illégale ou dans une zone d’ombre.  Des formations sur l’éthique ou des codes d’éthique pour des employés, des représentants , des conseillers municipaux , oui, c’est une bonne chose. N’oublions pas, que tous nous prêchons pour l’éthique, l’honnêteté mais le loup se déguise toujours comme dans la fable. Je suis pour la formation mais je ne crois pas que les choses vont changer avec des cours de formation car les lois sont déjà là et des règles existent. Les gens sont témoins de la corruption, ils savent , ils connaissent les noms. Ils ont peur , se taisent et veulent garder leur job. La vie après la délation n’est pas drôle même si on garantit l’anonymat. Ces  gens peuvent se retrouver sans emploi ou des procédures peuvent être prises pour connaître le nom des délateurs ( pensons au cas de Machouette et des procédures pour connaître le nom du délateur).

L’idée de la norme et certification IGO 9002  ( http://www.igocertifications.org/ )serait un très bon départ mais qui ne s’adresserait pas seulement à des municipalités mais à toutes les  organisations qui soumissionnent ou qui font  affaire avec les gouvernements.

Une cote de bonne gouvernance éthique avec des ” auditeurs” , pas les comptables qui font les audits annuels des états financiers mais des auditeurs qui font un rapport aux deux années ( ou trois ) sur des règles de bonne gouvernance pour ceux qui soumissionnent pour des contrats gouvernementaux. Un rapport que l’entreprise ne fraude pas, que des normes de gouvernance rigoureuse sont suivies, qui ferait état des contributions politiques, des liens des dirigeants avec les élus ou les partis, etc. Ces mêmes auditeurs pourraient travailler au sein d’une organisation gouvernementale et ainsi être à l’abri de la magouille. Un peu le même rôle que l’équipe du  vérificateur général pour le gouvernement. Certains diraient qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une autre entité gouvernementale, il en existe tellement mais les économies qui en résulteraientt sur les coûts des contrats pourraient être importantes.

La corruption est dans les moeurs et la culture de certains secteurs de l’industrie et comme disait un désormais célèbre enquêteur, les entreprises honnêtes ne peuvent pas y survivre. Elles se conforment donc ou crèvent, c’est la loi de la sélection naturelle.